Langage d'une foi naissante
 
Traiter des peintures murales romanes des églises danoises, c'est aussi et avant tout comprendre l'espérance et l'attente du chrétien danois qui découvre les origines de sa religion récemment introduite dans le pays. Le développement artistique des peintres danois est dû en majeure partie à un import pictural chrétien (sources écrites et visuelles, influences). Les fresques des XIe et XIIe siècles font partie du patrimoine des édifices, visant la concrétisation de la foi chrétienne et du dépassement des capacités artistiques tout en cherchant à canaliser l'attention des fidèles. Ainsi, il est important de comprendre et d'analyser les emplacements des fresques tout en essayant de rechercher les mises en valeur des motifs ornementaux les plus représentatifs de la pensée romane danoise.
 
Les peintures murales des églises de Danemark posent le problème du rôle joué dans leur contemplation. En effet, est-ce que les fresques dites sacrées doivent simplement se contenter d'accompagner les cérémonies religieuses, ou bien doivent-elles faciliter le recueillement du fidèle et lui révéler certains mystères que les mots sont impuissants à expliquer. Le problème est fondamental et a suscité beaucoup de controverses au fil des siècles.
Depuis longtemps, les peintures murales sacrées ont cherché à être bien plus qu'un accompagnement des cérémonies religieuses. Les exemples sont nombreux et nous frappent par leur volonté d'élever l'âme du chrétien. Mais toutes ces œuvres convergent dans l'inspiration commune des textes de l'Ecriture Sainte, afin d'exprimer la grandeur de Dieu. Tel est le but des peintures murales romanes sacrées des églises danoises dont l'originalité demeure leur représentation naïve et leur profusion. Cet art se poursuivra, dans des proportions considérables, jusqu'à la Réforme, donnant au Danemark son particularisme.
 
Un dernier aspect qu'il est nécessaire de retenir est le symbolisme et le figuralisme artistique employés par les artistes. Ce figuralisme est une preuve que les peintures murales demeurent beaucoup plus descriptives qu'abstraites.
Les peintures murales ont vécu grâce aux maîtres comme le moyen de se rappeler que le chrétien est aussi le Fils adoptif de Dieu. Cette filiation divine reçue lors du baptême suppose des sacrifices comme le Christ qui accepta les souffrances en mourant sur la croix. Mais c'est surtout pour le chrétien une joie qui prend son origine dans la contemplation des fresques dans les églises.
A notre époque, les spécialistes de l'art pictural travaillent avec des méthodes d'analyses scientifiques de plus en plus poussée, dans le but d'approfondir cette connaissance des fresques des églises danoises pour en donner une meilleure interprétation là où elle était encore floue et difficile et pour en affiner les datations et les particularités.
Ces fresques, partie intégrante du patrimoine culturel danois, bénéficient de toute l'attention du Musée National de Copenhague qui a la charge de leur inventaire, de leur conservation et de leur restauration. Ces œuvres séculaires évoqueront encore, pour longtemps, aux générations futures, cette portion de l'histoire religieuse de leur pays.